Europe Starting Meta Biobank with $7.8M and 52 Partners

May 30, 2008
By a GenomeWeb staff reporter

http://www.genomeweb.com/issues/news/147280-1.html

NEW YORK (GenomeWeb News) – Europe is putting together the infrastructure for a €5 million ($7.8 million) human biobank resource that will link together human samples from many of Europe’s clinical and research institutions into a shared resource.

The project, called the Biobanking and Biomolecular Resources Research Infrastructure, is funded through the European Strategy Forum on Research Infrastructures, under the EU’s Seventh Framework.

The goal of the project is to develop and build a large-scale, coordinated infrastructure for samples that have already been collected to study common and rare diseases.

BBMRI sees the network of biobanks as a way of addressing the problems facing national sample collections: they often remain underused, they duplicate each others’ efforts, and they do not have access to large and diverse enough pools of samples.

The program, which currently has a consortium of 52 participants and 150 other associated partners throughout Europe, will include biobanks with blood, serum, tissue, or other biological samples. BBMRI expects the network include resource centers and biocomputing centers that can link repositories to existing databases and scientific literature.

Operating such a unique biobanking concept will pose ethical and legal issues about the collections and the use of the samples in them. BBMRI said that very few of the member states involved have any laws on the books about governing biobanks, and these laws vary widely.

The BBMRI’s first points of focus will be to inventory existing biobanking facilities in Europe, including population cohorts, twin registries, groups with specific diseases, and cohorts from isolated populations.

The BBMRI said that it is working closely with other, related European and international infrastructures to share knowledge and avoid duplication.

Des cellules souches pour réparer le myocarde après un infarctus

LE MONDE | 30.05.08 | 11h24 • Mis à jour le 30.05.08 | 11h41

MARSEILLE ENVOYÉ SPÉCIAL

lus d’un millier de scientifiques étaient réunis à Marseille, du lundi 26 au vendredi 30 mai, pour le congrès Myologie 2008, organisé par l’Association française contre les myopathies (AFM). Un congrès consacré aux maladies du muscle et à leurs traitements, affections neuromusculaires mais aussi pathologies du cœur. Plusieurs présentations ont ainsi été consacrées aux recherches de thérapie cellulaire pour réparer le muscle cardiaque (le myocarde) après un infarctus, avec à l’horizon les premiers essais cliniques utilisant des cellules souches embryonnaires chez l’homme.

Les maladies cardio-vasculaires font plus de 15 millions de morts par an dans le monde et représentent 30 % des causes de décès. Plusieurs équipes se sont lancées dans des essais pour réparer le myocarde et remplacer ses cellules, les cardiomyocytes. Une dizaine d’essais de thérapie cellulaire ont déjà eu lieu, regroupant au total plus de 650 patients, avec différents types de cellules souches.

Les essais d’injection de cellules souches issues de la moelle osseuse ont montré un bénéfice clinique, avec une amélioration des performances du ventricule gauche, responsable de l’insuffisance cardiaque après un infarctus.

Cependant, a précisé Patricia Lemarchand (Institut du thorax, Nantes), “les cellules injectées ne sont pas véritablement converties en cardiomyocytes”. Un grand essai européen devrait démarrer en 2009 ou 2010 afin d’évaluer les bénéfices d’un tel traitement sur la mortalité et la récidive d’infarctus.

Bernd Fleischmann (université de Bonn, Allemagne) a abordé une question cruciale : le tissu où a eu lieu l’infarctus peut-il déterminer le type de différenciation vers lequel se dirigeront les cellules souches ou les cellules précurseuses (progénitrice) greffées? Contrairement aux cellules issues de la moelle, les cellules souches embryonnaires évoluent en cardiomyocytes. Il existe cependant un risque de formation de tumeur si l’on utilise des cellules indifférenciées. Pour éviter cela, Bernd Fleischmann emploie des cardiomyocytes dérivés de cellules souches embryonnaires purifiées.

En France, l’équipe de Michel Pucéat (Inserm UMR 861/I-Stem, AFM, Evry) et du professeur Philippe Mesnasché a recours à des cellules progénitrices, étape intermédiaire dans la différenciation des cellules souches embryonnaires en cardiomyocytes.

Lors de Myologie 2008, Michel Pucéat a rapporté avoir démontré que, chez l’homme comme chez la souris, la différenciation vers un destin de cellule cardiaque dépend de la concentration d’une protéine appelée BMP2. Un constat qui rend possible de contrôler la direction vers lesquelles se différencient des cellules souches embryonnaires. “Nos travaux ouvrent la voie à l’utilisation de progéniteurs cardiaques en pratique clinique pour des maladies ischémiques, génétiques et congénitales”, a conclu M. Pucéat.

Paul Benkimoun

Tests ADN, du fichage au dépistage par Jacques Testart

Derrière la science, un filon commercial

En présentant, le 13 septembre 2007, un amendement au projet de loi sur la « maîtrise de l’immigration » autorisant sous certaines conditions la vérification de la filiation des demandeurs de visas au moyen de tests ADN, le député de l’Union pour un mouvement populaire (UMP) Thierry Mariani, n’a pas seulement mobilisé contre lui une opposition de principe : derrière la polémique se profile la question de la sélection par l’utilité sociale.

Si la tentative d’instauration de tests ADN pour le contrôle de l’immigration visait surtout à poursuivre l’œuvre de récupération des électeurs d’extrême droite, ne pourrait-on voir dans cette mesure un moyen redoutable d’accoutumance au fichage génétique généralisé (1), l’étranger étant seulement le maillon faible propice à l’initiation de cette pratique ? Nous sommes déjà identifiés par des moyens biométriques (taille, couleurs des yeux et des cheveux, empreintes digitales, iris, système veineux…), par l’enregistrement de notre image (télésurveillance et bientôt drones espions) mais aussi par notre comportement de consommateur (carte bleue, puces RFID, internet, GPS…), et même par notre gestuelle qui peut s’avérer équivoque pour des caméras dites « intelligentes », sans omettre les techniques réservées aux plus suspects (écoutes téléphoniques, bracelet électronique…). Toutes ces mesures inquiètent déjà le Comité national d’éthique (2). Pourtant Big Brother en demande davantage.

L’anthropologue Gérard Dubey remarque qu’un siècle seulement après l’avènement de la biométrie les repères ont évolué, de l’être identifié socialement jusqu’à l’être défini biométriquement. Combien de temps faudra-t-il, après l’avènement de la génétique moléculaire, pour définir les êtres génétiquement ? Et en quoi le critère génétique est-il différent des critères biométriques classiques ?

On sait que des jumeaux vrais, qui partagent le même ADN, montrent des empreintes digitales différentes, celles-ci résultant de combinaisons entre facteurs génétiques et facteurs environnementaux (dits « épigénétiques »). Il s’ensuit que la « reine des preuves » que constitue l’ADN pour la justice ne permettrait pas de discriminer des jumeaux aussi bien que le font les empreintes digitales ! Cette occurrence, bien que rare, illustre un inconvénient négligeable au regard de l’opportunité exceptionnelle offerte par l’ADN pour identifier un individu, dès le stade embryonnaire, et selon des signes immuables qui constitueront aussi des marqueurs de la filiation, ce que les identifiants biométriques classiques sont incapables de réaliser.

Mais l’ADN peut être lu de deux façons différentes selon la finalité du test. Le débat se focalise actuellement sur des séquences identifiantes (à usage principalement policier) et néglige les séquences informatives (à usage surtout médical). Ces dernières sont représentées par les gènes dont on caractérise des états « normaux » ou « pathologiques », mais aussi par d’autres plages de la molécule ADN dont les variants sont susceptibles d’interagir avec les gènes eux-mêmes. En fait, le fameux « décryptage » de l’ADN n’est encore qu’une lecture élémentaire car les relations entre la constitution génomique particulière à chacun et ses paramètres phénotypiques (risques de maladies, caractères physiologiques…) sont d’une telle complexité (3) que cette connaissance risque de demeurer statistique : il va être surtout possible de mettre en regard les particularités infinies de l’ADN avec des constats épidémiologiques (sur le mode : la plupart de ceux qui montrent telle particularité de leur ADN sont aussi ceux qui sont affectés par tel handicap ou avantage) afin de poser des probabilités de réalisation en fonction de chaque génome (4) et de son exposition à des environnements définis (5).

Une telle stratégie de dépistage peut d’ailleurs faire l’économie de la compréhension des mécanismes moléculaires par lesquels telle information portée par l’ADN conduit jusqu’aux protéines impliquées dans telle fonction, tel caractère ou telle pathologie. Décidément, l’appel à la statistique, qui supportait déjà l’eugénisme de Francis Galton (6), demeure la caution scientifique de toute prétention à prédire le devenir d’un individu.

Conformément à cette tradition, et avec l’ambition d’« optimiser » l’apport des personnes à une société qui ne se rêve que performante, on peut prévoir l’irruption d’analyses systématiques de l’ADN permettant de cumuler le fichage policier des personnes et la prédiction médico-sociale de leurs potentialités.On sait déjà évaluer les risques d’apparition de certaines maladies, mais des généticiens s’efforcent de découvrir des marqueurs non pathologiques (humeur, sexualité, voire même quotient intellectuel…). Quand ces « facteurs de risques » sont repérés chez l’adulte, ils peuvent justifier la modulation des primes d’assurance et certaines pratiques de médecine préventive. Décelés chez l’enfant, ils peuvent en outre soutenir des politiques d’orientation scolaire puis professionnelle. Mais, décelés chez l’embryon (DPI = diagnostic génétique préimplantatoire), ils sanctionnent un droit à la vie d’autant plus fragile que beaucoup d’embryons sont disponibles quand seulement un ou deux enfants sont désirés. C’est le petit nombre relatif (environ 5) des embryons obtenus à l’issue de la fécondation in vitro qui empêche encore le DPI de répondre aux angoisses (ou aux désirs) des parents et aux « besoins » de la santé publique (on notera cependant que le tri des embryons pour risque de strabisme vient d’être autorisé en Grande-Bretagne…). Dès que la production d’ovules par dizaines sera maîtrisée (7), le DPI pourra répondre au vieux rêve eugénique des « bonnes naissances » tout en se conformant aux nouveaux standards de la bioéthique (consentement éclairé, promesse médicale de santé, absence de violence aux personnes…).

Un tel horoscope génomique, destiné à mettre l’eugénisme au service du libéralisme, devrait s’avérer valide au niveau statistique (celui des populations, le seul qui importe au système économique ou sanitaire), même si les prédictions s’avèrent moins fiables, ou carrément erronées, pour une personne particulière. Voilà un programme conforme à la mystique génétique qui s’est emparée de nos vies avec l’importance démesurée donnée aux gènes (ils contrôleraient même l’homosexualité, selon notre président…), les priorités fléchées vers la « génétique moléculaire » pour les recherches en biologie, le succès soutenu des Téléthons malgré l’impuissance thérapeutique persistante, ou le choix inédit d’un généticien comme conseiller du Prince. En effet, plutôt que profiter d’un climatologue ou d’un énergéticien, Nicolas Sarkozy s’est assuré le conseil du Pr Arnold Munnich, lequel est aussi l’éminence grise des analyses moléculaires pour détecter des pathologies, en particulier à l’occasion du tri des embryons (DPI).

Nous en sommes à l’identification des personnes par les tests ADN pour affiner le fichage biométrique à usage de police ou de justice. Rappelons que la biométrie a toujours fonctionné à la peur, peur de l’autre (8), et s’est généralisée sans opposition organisée, comme par effet de sidération laissant place à une véritable atonie sociale. Alors, de « détail » en détail se construit un monde qui pourra nous annoncer « Bienvenue à Gattaca ! » (9)… Pourquoi pas le cumul des éléments identifiants et des éléments fonctionnels dans une même carte d’identité génétique affectée à chaque individu ? Quel but poursuit donc Google en investissant, en 2007, 4 millions de dollars pour analyser l’ADN des internautes et constituer ainsi une grande base de données sur l’information génétique ? (10) C’est le même filament d’ADN qui court du commissariat ou du tribunal, au cabinet médical (médecine prédictive-préventive) en passant par des utopies thérapeutiques (« gènes médicaments ») ou industrielles (plantes transgéniques), par les cabinets d’assurances (niveaux des risques), par des officines d’orientation scolaire et professionnelle, et finalement par la résurgence de mythes fabuleux (surhomme, clones, chimères…).

Nombre d’opposants aux tests ADN, dont des praticiens ou adeptes du DPI qui est le moyen initial d’identifier pour sélectionner, ont évoqué « les heures les plus sombres de l’histoire » ou « la purification par la race (11) », sans voir que les enjeux sont aujourd’hui bien différents, et tout aussi graves. Il ne s’agit plus de caractériser l’individu par sa « race », son aspect ou sa nationalité, d’autant que ces paramètres, souvent disponibles avec les identifiants classiques, ne sont pas révélés par l’ADN. Surtout, l’économie néolibérale n’a aucun besoin de stigmatisations raciales tant elle s’attache plutôt à découvrir les meilleurs éléments disponibles dans chaque communauté humaine, et à rejeter ceux qui lui semblent peu aptes à contribuer à la « croissance compétitive », quelle que soit la couleur de peau des uns et des autres.
C’est bien le sens de l’acceptation des étrangers selon le critère « compétences et talents » ou même de l’injonction à « travailler plus pour gagner plus ! », laquelle s’adresse à l’individu plus qu’à sa communauté, et correspond au rêve du dirigeant néolibéral de constituer une société d’individus sélectionnés pour leur compétitivité. Le Conseil constitutionnel a récemment conforté ces choix vers l’efficacité productiviste en instituant un examen de langue pour les étrangers, tout en s’opposant aux statistiques ethniques mais en conservant les tests ADN en vue de contrôles à venir.

Jacques Testart.

(1) A l’exemple du fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG) lequel, d’abord réservé aux délinquants sexuels, s’est vite étendu jusqu’aux faucheurs de plantes transgéniques ou aux colleurs d’affiches politiques.
(2) Dans son Avis n° 98 du 31 mai 2007, le Comité national consultatif d’éthique (CCNE) demande un « contre-pouvoir » face à la « généralisation excessive de la biométrie ».
(3) Une récente étude internationale sur l’expression du génome humain s’étonne de cette complexité et en vient à poser une question qu’on croyait résolue : « Qu’est-ce qu’un gène ? » (The Encode project consortium, Nature, Londres, 14 juin 2007).
(4) Lire Des hommes probables, Seuil, Paris, 1999.
(5) Ainsi l’inserm a récemment lancé une étude (« SAGE ») des « interactions entre facteurs environnementaux et facteurs génétiques » dans des établissements scolaires de la région Champagne-Ardennes.
(6) Le Britannique Francis Galton (1822-1911), médecin et statisticien, est le père fondateur de l’eugénisme contemporain.
(7) Jacques Testart, « Des ovules en abondance ? », Médecine/sciences 20, 2004.
(8) Ainsi, dans cinq aéroports des Etats-Unis, les passagers considérés comme « sans danger » peuvent intégrer le programme « Clear Registered-Traveler ». Celui-ci offre à 45000 personnes un passage accéléré aux contrôles de sécurité moyennant leur enregistrement biométrique (empreintes digitales et scan de l’iris)… et un abonnement annuel à 75 euros.
(9) Film d’Andrew Niccol (1997) : Dans un monde parfait, Gattaca est un centre d’études et de recherches spatiales pour des jeunes gens au patrimoine génétique impeccable, grâce à leur sélection avec le DPI.
(10) Ce qui a valu à Google le prix français Big Brother Awards en 2008 (http://bigbrotherawards.e u.org/)
(11) Voir « ADN : le front du refus », Libération, 3 octobre 2007.

http://www.monde-diplomatique.fr/2008/06/TESTART/15946

Francis S. Collins to Step Down as Director of National Human Genome Research Institute


Bethesda, Md., Wed., May 28, 2008 — Francis S. Collins, M.D., Ph.D., the director of the National Human Genome Research Institute (NHGRI), part of the National Institutes of Health (NIH), today announced his intention to step down on August 1 to explore writing projects and other professional opportunities.

Dr. Collins, 58, a physician-geneticist, has served as NHGRI’s director since April 1993. He led the Human Genome Project (HGP) to its successful conclusion in 2003, and subsequently initiated and managed a wide range of projects that built upon the foundation laid by the sequencing of the human genome. Following the precedent set by the HGP under Dr. Collins’ leadership, these projects have made their data rapidly and freely available to the worldwide scientific community. Collectively, these projects and their data have transformed biomedical research and empowered researchers all around the world.

“The key to success is having wonderful scientific opportunities and stellar colleagues with whom to work. That has been my great privilege here at NIH, an institution that stands for the very best in biomedical research,” Dr. Collins said. “Many challenges lie ahead as genomics increasingly becomes a leading force in medicine, and I leave my position supremely confident that NHGRI and NIH will continue to achieve notable success in meeting them.”

“Francis has provided 15 years of outstanding leadership to NHGRI and has been a trailblazer in the scientific community at large,” NIH Director Elias A. Zerhouni, M.D., said. “His contributions to the world of genomics and medicine have been enormous. He has been a tremendous colleague, friend, and brilliant visionary. I know that he will continue to make groundbreaking advances in biomedical research. My colleagues and I have had a supreme good fortune of working with Francis over the years, we are all sorry to see him leave NIH, and wish him every success in his new endeavors.”

In addition to his scientific leadership and long list of contributions to basic genetic research, Dr. Collins is known for his close attention to the ethical, legal and social implications of genome research. He has been a strong advocate for protecting the privacy of genetic information and has been recognized for his leadership in making the case for the Genetic Information Nondiscrimination Act of 2008. The act, which became law last week nearly 13 years after it was first introduced in Congress, protects Americans from discrimination in health insurance and employment based on their genetic information.

Dr. Collins explained that his decision to step down as leader of NHGRI came after much personal deliberation. “My decision was driven by a desire for an interval of time dedicated to writing, reflection and exploration of other professional opportunities in the public or private sectors,” he said. “The demands and responsibilities of directing an NIH institute do not allow the time commitment necessary for this. In addition, I may need greater latitude than my current position allows to pursue other potential positions of service without encountering any possible conflicts of interest, whether real or perceived.”

Dr. Zerhouni also announced that Alan E. Guttmacher, M.D., the current deputy director of NHGRI, will be appointed acting director of NHGRI on August 1. “Dr. Guttmacher is a highly regarded pediatric geneticist who has played a significant leadership role at NHGRI over the past six years. His appointment as acting director of NHGRI will assure a seamless transition,” said Dr. Zerhouni, adding that a formal search process for a permanent NHGRI director will get underway shortly.

In addition to his leadership of the public effort to sequence the human genome, Dr. Collins initiated and guided a wide range of follow-up projects in large-scale genomics: the International HapMap Project; the Encyclopedia of DNA Elements; the Knockout Mouse Project; the Mammalian Gene Collection [ngc.nci.nih.gov]; The Cancer Genome Atlas, which is a joint effort with the National Cancer Institute; and the Molecular Libraries Initiative and the Human Microbiome Project, both of which are part of the NIH Roadmap for Medical Research [nihroadmap.nih.gov]. He also played a leading role in applying the tools of genomics to understanding the risk factors for common diseases, such as diabetes, heart disease, various types of cancer and mental illness. This work includes bold projects such as the Genetic Association Information Network and the Genes, Environment and Health Initiative.

Dr. Collins also founded an intramural program in genomics at NIH in 1993. NHGRI’s Division of Intramural Research, which encompasses cutting edge research from basic science to clinical investigation, has emerged as one of the most successful research organizations in this rapidly moving and highly competitive field.

As a scientist, Dr. Collins has been a pioneer in the development of innovative genetic tools and the use of such tools to study the genetic factors that contribute to both rare and common human diseases. Throughout his career, his teams have made a number of important discoveries, including the genes for cystic fibrosis, neurofibromatosis, a common type of adult leukemia and Huntington’s disease.

Recently, his laboratory in NHGRI’s intramural program has uncovered striking new insights into the cause, diagnosis and treatment of type 2 diabetes and Hutchinson-Gilford progeria, which is a rare disorder that causes a dramatic form of premature aging. To provide continuity for these ongoing projects and to allow him to continue to provide mentorship for trainees, Dr. Collins indicated he will remain deeply involved in his lab’s work after August 1 by serving as a part-time, unpaid “special volunteer” at NIH. The Collins lab will be formally supervised by Lawrence Brody, Ph.D., a senior investigator in the NHGRI Genome Technology Branch.

Dr. Collins received a B.S. from the University of Virginia, Charlottesville, Va.; a Ph.D. in physical chemistry from Yale University, New Haven, Conn.; and an M.D. from the University of North Carolina, Chapel Hill. Following a fellowship in human genetics at Yale, Dr. Collins joined the faculty of the University of Michigan, Ann Arbor, where he remained until becoming NHGRI director in 1993.

For more biographical information on Dr. Collins, go to www.genome.gov/10000779. For more biographical information on Dr. Guttmacher, go to www.genome.gov/10005495.

To download a high-resolution photograph of Dr. Collins, go to www.genome.gov/pressDisplay.cfm?photoID=110. To download a high-resolution photograph of Dr. Guttmacher, go to www.genome.gov/pressDisplay.cfm?photoID=35.

NHGRI is one of the 27 institutes and centers at the NIH. The NHGRI Division of Intramural Research develops and implements technology to understand, diagnose and treat genomic and genetic diseases. The NHGRI Division of Extramural Research supports grants for research and for training and career development at sites nationwide. Additional information about NHGRI can be found at its Web site, www.genome.gov.

The National Institutes of Health — “The Nation’s Medical Research Agency” — includes 27 institutes and centers, and is a component of the U.S. Department of Health and Human Services. It is the primary federal agency for conducting and supporting basic, clinical and translational medical research, and it investigates the causes, treatments and cures for both common and rare diseases. For more, visit www.nih.gov.

Contact

Larry Thompson
NHGRI
(301) 402-0911
thompsl@mail.nih.gov

Un groupe de travail sénatorial préconise une légalisation des mères porteuses en France

LE MONDE | 24.05.08 | 14h11 • Mis à jour le 24.05.08 | 14h11

Les mères porteuses seront-elles un jour autorisées en France ? C’est ce que devrait proposer en juin un groupe de travail mis en place par le Sénat. “Il faut être pragmatique, affirme sa présidente, Michèle André, sénatrice (PS) du Puy-de-Dôme. De plus en plus de pays autorisent la maternité pour autrui. Certains couples français partent à l’étranger, mais lorsqu’ils reviennent avec des enfants nés par mères porteuses, ils sont confrontés à des problèmes d’état civil, voire à des poursuites. Il faut cesser de faire l’autruche.” La question sera examinée en 2009 dans le cadre de la révision des lois de bioéthique.

Ces lois interdisent depuis 1994 la pratique des mères porteuses. “Toute convention portant sur la procréation ou la gestation pour le compte d’autrui est nulle”, précise le code civil. “Cette interdiction est fondée sur l’idée que l’on ne peut pas, sauf l’exception de l’accouchement sous X…, renoncer à sa qualité de mère, et que l’enfant ne peut pas faire l’objet d’une cession par contrat”, résume Catherine Labrusse-Riou, professeur émérite de droit à l’université Paris-I.

Mais depuis les lois de bioéthique, le paysage international s’est modifié. L’Allemagne, l’Espagne ou l’Italie continuent d’interdire les mères porteuses, mais les Pays-Bas, le Royaume-Uni ou le Canada se sont ouverts, sous des formes diverses, à la gestation pour autrui. Pour éviter les dérives de la commercialisation - “Womb for rent” (”ventre à louer”), dit-on aux Etats-Unis -, beaucoup de pays ont encadré cette pratique controversée.

En Grande-Bretagne, pays dont pourrait s’inspirer la France, chaque demande est ainsi examinée par le comité d’éthique de l’hôpital, qui vérifie que la gestation pour autrui est médicalement justifiée. Pour éviter toute transaction, le couple infertile ne peut rémunérer la mère porteuse : il doit se contenter de rembourser “raisonnablement” les frais engagés pendant la grossesse - les tribunaux acceptent des sommes comprises entre 5 000 et 10 000 euros. La loi est si restrictive qu’elle concerne à peine une cinquantaine de familles par an.

En France, de plus en plus de couples infertiles partent à l’étranger. En Californie ou au Canada, ils obtiennent sans difficulté des jugements affirmant qu’ils sont les parents légaux de l’enfant. Mais, à leur retour, ils se heurtent aux textes français : la France refuse de transcrire ces actes d’état civil “falsifiés”. Les enfants nés de mères porteuses grandissent donc dans un “no man’s land” juridique : ils n’ont ni état civil ni filiation.

“GÉNÉROSITÉ”

Pendant cinq mois, le groupe de travail du Sénat a entendu des médecins, des juristes, des psychanalystes, des philosophes et des responsables associatifs. Il devrait proposer avant l’été une légalisation - encadrée - de la gestation pour autrui. “Il faut réserver cette pratique à des couples dont l’infertilité est avérée afin d’éviter à tout prix les maternités pour autrui de confort, précise Mme André. Il faut également proscrire toute commercialisation, en prévoyant, pour la mère porteuse, une simple participation aux frais de grossesse. Cette pratique ne doit pas devenir une source de revenus.”

Pour l’association Maïa, qui se bat depuis 2001 pour la légalisation de ces pratiques, les mères porteuses ne sont pas les victimes que l’on décrit parfois. “Les gestatrices que nous avons rencontrées au Canada ou ailleurs ne sont pas exploitées par les couples infertiles, note sa présidente Laure Camborieux. Elles portent l’enfant d’une autre par générosité, souvent parce que l’un de leurs proches est concerné par ces problèmes. Elles ont des contacts avec le couple, elles s’inscrivent dans leur histoire, elles reçoivent des photos de l’enfant, qui aura peut-être besoin, un jour, de les rencontrer.”

La légalisation est soutenue par des psychanalystes comme Geneviève Delaisi de Parseval, des professeurs de médecine comme Israël Nisand ou des philosophes comme Elisabeth Badinter. Mais elle suscite encore beaucoup de réserves. “Cette réforme bouleverserait les fondements mêmes de notre système de filiation, qui est à la base de notre identité, affirme Mme Labrusse-Riou. Je comprends la détresse des couples confrontés au drame de l’infertilité, mais l’enjeu symbolique et institutionnel de ce débat est lourd.”

Anne Chemin

Article paru dans l’édition du 25.05.08

Senate Passes $400M in Supplemental NIH Funding Along with War Bill

May 22, 2008

By Matt Jones,
a GenomeWeb staff reporter



NEW YORK (GenomeWeb News) – The US Senate passed legislation today that would give the National Institutes of Health an extra $400 million this year to supplement the funding it received under the 2008 budget.
The NIH money is just a side-note on a domestic spending attachment to a $156 billion war and veterans’ appropriations bill that has become a point of contention between presidential candidates and the sitting President.
All of the domestic spending attached to the war bill passed, Kei Koizumi, program director of the R&D Budget and Policy Program at the American Association for the Advancement of Science, told GenomeWeb Daily News today.
The full text of the bill and its amendments has not yet been posted to the Congressional Record, but Koizumi and other sources following the status of the bill confirmed that the full domestic spending portion, including the $400 million for NIH, had passed without change.
As GenomeWeb Daily News reported last week, the additional $400 million proposed in an amendment to the war bill by Senator Tom Harkin (D – Iowa), would augment a 2008 NIH budget that represents the fifth year of roughly stagnant funding for the agency.
While the bill has drawn criticism from some Republicans and from President George W. Bush because of the domestic spending and because of some of the details in a GI Bill extension, it passed today 75 to 22. Two of the four senators who were absent or who did not vote on the bill today were presidential candidates Senators John McCain (R – Ariz.) and Barack Obama (D – Ill.).
While the House version of the bill did not include the extra spending for the NIH, Carrie Wolinetz of the Federation of American Societies of Experimental Biology said today it is likely that the House will use the Senate version of the bill.
Bush said at the end of April that he has been “very clear” with Congress that he would not accept a supplemental war funding bill if it tallies up at over $108 billion, which is $48 billion less than what the Senate passed today.

UK’s first hybrid embryos created

By Fergus Walsh
Medical correspondent, BBC News

Scientists at Newcastle University have created part-human, part-animal hybrid embryos for the first time in the UK, the BBC can reveal.

The embryos survived for up to three days and are part of medical research into a range of illnesses.

It comes a month before MPs are to debate the future of such research.

The Catholic Church describes it as “monstrous”. But medical bodies and patient groups say such research is vital for our understanding of disease.

They argue that the work could pave the way for new treatments for conditions such as Parkinson’s and Alzheimer’s.

Egg shortages

Under the microscope the round bundles of cells look like any other three-day-old embryos.

In fact they are hybrids - part-human, part-animal.

They were created by injecting DNA derived from human skin cells into eggs taken from cows ovaries which have had virtually all their genetic material removed.

So what possible justification can scientists offer for doing what the Catholic Church has branded “experiments of Frankenstein proportion”?

The Newcastle team say they are using cow ovaries because human eggs from donors are a precious resource and in short supply.

The hybrid embryos are purely for research and would never be allowed to develop beyond 14 days when they are still smaller than a pinhead.

Scientists want to extract stem cells, the body’s master cells, from the embryos, in order to increase understanding of a whole range of diseases from diabetes to stroke and ultimately to produce treatments.

Professor John Burn from Newcastle University says the research is entirely ethical.

“This is licensed work which has been carefully evaluated. This is a process in a dish, and we are dealing with a clump of cells which would never go on to develop. It’s a laboratory process and these embryos would never be implanted into anyone.

“We now have preliminary data which looks promising but this is very much work in progress and the next step is to get the embryos to survive to around six days when we can hopefully derive stem cells from them.”

Free vote allowed

The research in Newcastle was approved by the UK’s fertility regulator, the Human Fertilisation and Embryology Authority.

It is difficult to imagine a single piece of legislation which more comprehensively attacks the sanctity and dignity of human life than this particular bill
Cardinal Keith O’Brien

Cardinal Keith O’BrienIt acted ahead of the passing of new legislation which will specifically allow the creation of hybrid embryos so as not to hold back research.

The bill setting out the new legislation is not due to be debated in the House of Commons until next month.

It is highly controversial and last week Prime Minister Gordon Brown gave in to demands for a free vote on the issue.

Critics from the Roman Catholic Church say the creation of hybrids is immoral.

“It is difficult to imagine a single piece of legislation which more comprehensively attacks the sanctity and dignity of human life than this particular bill,” Cardinal Keith O’Brien, archbishop of St Andrews and Edinburgh declared last week.

Dr David King, of Human Genetics Alert, said: “For anyone who understands basic biology, it is no surprise that these embryos died at such an early stage.

“Cloning is inefficient precisely because it is so unnatural, and by mixing species it becomes even more unnatural and unlikely to succeed.

“The public has been grossly misled by the hype that this is vital medical research.

“Even if stem cells were ever to be produced, like cloned animals, they would have so many errors of their metabolism that they would produce completely misleading data.”

Not for the first time developments in science have outpaced the debate from legislators.

For supporters of embryo research the creation of hybrid embryos is a small but significant move forward.

For opponents it is a step too far.

Story from BBC NEWS:
http://news.bbc.co.uk/go/pr/fr/-/2/hi/health/7323298.stm

Published: 2008/04/01 17:04:14 GMT

Congrès des Verts Mondiaux sur les agrocarburants - Alain Lipietz

Intervention à la plénière du Congrès des Verts Mondiaux sur la Biodiversité d’Alain Lipietz
Sao Paulo, 3 mai 2008

Nous allons à la famine! Ce titre d’un des premiers livres de René Dumont, anticipait de 31 ans son dernier livre, Famines, le retour, et la réalité de cette année 2008. René Dumont, l’un des plus grands agronomes du XXème siècle et fondateur de l’écologie politique, prophétisait qu’un modèle de développement productiviste, guidé par la loi du profit, aboutirait nécessairement à des famines généralisées.

Le dernier rapport de la FAO signale que 37 pays sont actuellement victimes d’une grave crise alimentaire, alors même qu’aucun d’eux n’est touché par un “accident climatique” particulier (sécheresse exceptionnelle, inondation). Non : simplement ils ont abandonné, sous injonction des organismes internationaux, leur souveraineté alimentaire. Et depuis deux ans le prix mondial des aliments a explosé, sous le coup de 3 facteurs : le changement climatique, l’apparition de nouvelles couches moyennes dans les pays “émergents” qui se convertissent à la viande (et la Terre est 20 fois moins productive en protéine animales qu’en protéines végétales) et… le développement des agrocarburants pour “nourrir les voitures”.

Ce développement des agrocarburants n’a pas seulement pour effet de réduire à la famine les plus démunis. Il se fait au détriment des droits sur leurs terres des communautés paysannes (je pense aux 4 millions d’hectares volés par les paramilitaires colombiens et replantés en palmiers à huile). Il se fait au détriment de la biodiversité, des dernières forêts primitives, comme en Indonésie où disparaissent les écosystème des orangs-outangs, des zones floristiques de l’Union européenne.

Et pourtant, il y a encore deux ans, le développement des agrocarburants était présenté comme la solution miracle contre la raréfaction des réserves en pétrole et dans la lutte contre l’effet de serre. L’Union Européenne surenchérissait en objectifs de plus en plus ambitieux !

Le revirement quasi-unanime des positions officielles vis à vis des agrocarburants que l’on peut observer ces derniers mois est une première victoire. Il ne faut toutefois pas relâcher nos efforts. Il nous faut continuer à échanger nos points de vues, nos expériences, à les affiner, à convaincre. Car le combat n’est pas terminé et la route ne fut pas facile !

Je vais vous le montrer par un bref historique de la législation européenne en matière d’agrocarburants, avant de vous exposer la position des Verts français sur les biocarburants. Tout “commence” en mai 2003, avec l’adoption par l’Union européenne de la directive visant à promouvoir l’utilisation des biocarburants (1).

Cette directive incite les Etats membres à fixer des objectifs indicatifs pour l’introduction d’une part minimale de biocarburants sur le marché : 2% en 2005 et 5,75% en 2010. Pour le groupe Vert au Parlement européen, c’est une victoire. Mais nous, nous pensions à la transformation en carburant, par fermentation, des déchets végétaux !

En mars 2007, dans le cadre de proposition de révision de cette même directive par la Commission européenne, les dirigeants gouvernementaux européens s’engagent lors d’un Sommet à respecter l’objectif contraignant minimum selon lequel, dans chaque Etat membre, 10 % des carburants pour les transports devront être des biocarburants d’ici 2020. Cette décision fait suite au vote du Parlement européen, le 14 décembre 2006.

Ce jour-là, lors du vote d’une résolution sur une stratégie en faveur de la biomasse et des biocarburants, les amendements verts sont tous rejetés. Nous, nous avions demandé que la culture des agrocarburants ne se fasse pas sur les terres dédiées à l’alimentation ou à la conservation de la biodiversité. Aucun groupe ne nous a suivi ! Tout juste cette résolution reconnait-elle que l’accroissement continu de la production d’huile de palme peut avoir une incidence sur les forêts naturelles et les productions alimentaires traditionnelles, entraîner des pertes de biodiversité et des conflits territoriaux, et provoquer des émissions significatives de gaz à effet de serre (2). Porté par la vague d’espoir que représentent les agrocarburants pour nos sociétés bouffeuses de pétrole, le Parlement européen adopte le rapport à une très large majorité. Nous serons les seuls à voter contre.

Il a fallu l’organisation de nombreuses conférences sur les conséquences sociales et environnementales dramatiques des agrocarburants dans certains pays en développement (et notamment celles que j’ai moi-même organisée au Parlement européen le 9 mai 2007, sur la production d’agrocarburants à partir du palmier à huile : Les arbres du Mal), et la sortie par le groupe Vert d’une affiche et d’une carte postale « Manger ou conduire, faudra-t-il choisir ? », pour faire émerger notre message sur les agrocarburants (3).

Les ONG européennes et sud-américaines ont été très actives et nous ont très souvent associés à leurs combats et à leurs conférences. Ce n’est qu’après ce combat acharné, durant de longs mois, que la prise de conscience des effets potentiellement négatifs des agrocarburants, tant en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre, que sur la sécurité alimentaire et l’environnement des pays producteurs, a émergé. Un revirement extraordinaire de la presse s’est alors produit, largement alimenté par les rapports alarmistes des grandes institutions internationales appuyant nos positions sur les agrocarburants.

Le plus retentissant d’entre eux fut bien évidemment le rapport du Rapporteur spécial sur le droit à l’alimentation des Nations Unies publié le 22 août 2007 (4), de par ses déclarations fracassantes sur les effets des agrocarburants, véritable “violation du droit à
l’alimentation et crime contre l’humanité”, mais également de par la personnalité même de Jean Ziegler (5). En juillet 2007, un rapport conjoint de la FAO et l’OCDE s’interrogeraient déjà sur l’impact de la croissance de la demande d’agrocarburants sur la hausse des prix agricoles. Depuis, toutes les grandes institutions internationales y vont de leur déclaration sur les effets dangereux des agrocarburants sur la hausse des prix des produits de base et les émeutes de la faim qui en découlent (FMI, Banque Mondiale…). Seul le Président Lula semble camper sur ses positions !

Ce mouvement international, scientifique, politique et médiatique a ainsi permis un revirement au sein du Parlement européen. Et ce que nous n’avions pu obtenir en décembre 2006, était voté à l’unanimité lors de l’adoption de mon rapport sur « Commerce et Changement climatique », le 29 novembre 2007. Nous avions pu y intégrer « la » phrase sur la protection de l’alimentation et de la biodiversité (6).

En janvier 2008, la Commission européenne présente enfin sa révision de la directive de 2003 sur les biocarburants, dans le cadre d’une directive plus vaste sur les énergies renouvelables. La directive confirme l’objectif de 10% pour 2020, mais contient des “critères de durabilité” pour éviter les investissements massifs dans des biocarburants meilleurs marché, mais nuisibles à l’environnement. Les biocarburants qui ne permettent pas une réduction de CO2 d’au moins 35% comparé aux carburants fossiles, ainsi que les cultures de biocarburants semées après le 1er janvier 2008 dans les zones protégées, les prairies, les forêts et les zones humides riches en biodiversité ne seraient pas comptabilisés pour l’objectif de 10%. Toutefois, au 3 mai 2008, la Commission n’a toujours pas changé ses « guidelines » et son objectif de 10%. Et nous, Verts, continuons à nos battre pour un moratoire sur l’objectif de 10%.

Au sein même des institutions de l’Union européenne (7), des voix s’élèvent contre les agrocarburants et vont jusqu’à réclamer une pause dans la législation européenne avant l’obtention de nouvelles données probantes. D’abord, le Centre Commun de Recherche, en mars 2008, dans son rapport sur les incertitudes relatives aux agrocarburants, puis, le
10 avril 2008, le comité scientifique consultatif de l’Agence Européenne de l’Environnement, ont même demandé la suspension des 10% d’agrocarburants. La semaine dernière au Parlement européen, lors de la Déclaration du Conseil et de la Commission « Hausse des prix des produits alimentaires dans l’Union européenne et dans les pays en développement », le Groupe Vert a organisé une conférence de presse demandant à nouveau un moratoire sur les agrocarburants et invitant la Commission à abandonner l’objectif des 10% pour les biocarburants. Nous pensons que l’utilisation de denrées alimentaires à des fins énergétiques est un mauvais choix. Seuls les déchets et les résidus issus de la biomasse doivent être utilisés pour la production énergétique.

Car attention ! Les Verts ne se positionnent pas contre tous les carburants captant l’énergie solaire par la fonction chlorophyllienne !

Notre emblème reste le tournesol ! Pour jouer sur les mots, disons que nous sommes pour les biocarburants, issus des déchets de biomasse, et contre les agrocarburants, issus de cultures spécifiques. En ce qui concerne les pays dits développés, nous sommes pour une
politique systématique de transformation en carburant de la matière putrescible mise en décharge, par fermentation. Ce qui a qui a le triple avantage d’améliorer la gestion des déchets, de produire de l’énergie propre, et du compost. L’exemple de Stockholm et maintenant de Lille, la grande métropole du nord de la France(8), devraient ainsi être plus
largement suivis. Ce sont pas moins de 270 bus qui fonctionnement grâce au biogaz à Lille. Les déchets de cuisine et de jardin sont ainsi transformés dans le Centre de Valorisation Organique en biogaz, carburant propre pour l’environnement, et alimentent ainsi les bus.

Y a-t-il une place pour les “agrocarburants”, c’est à dire les végétaux plantés pour devenir du carburant ? Toute réponse à cette question doitv être nuancée. Non, lorsque les cultures d’agrocarburants attaquent les terres cultivables et les réserves d’eau et de biodiversité. Oui, si elles ne font qu’offrir un débouché à une production en excès, comme par exemple celle du sucre. S’il y a déjà production de sucre en excès, alors il est tout à fait possible, voire souhaitable d’en faire de l’éthanol. Mais il ne faut pas planter de nouvelles cultures de cannes à sucre dont on sait qu’elles peuvent avoir des effets très préjudiciables pour le sol.

Le problème est qu’il est très difficile de contrôler l’expansion de la canne à sucre. Et si, par exemple au Brésil, elle n’est pas directement responsable de la déforestation de l’Amazonie, l’augmentation des surfaces cultivées en canne à sucre, depuis l’expulsion des petits paysans de la « Zona da Mata » dans les années 1980 par le plan pro-alcool jusqu’aujourd’hui, renvoie bétail, soja et autres cultures toujours plus loin dans le Cerrado et les forêts…

Hélas ! Le recul du prestige des agrocarburants a fait revenir sur le devant de la scène le nucléaire, décrétée par certains “énergie propre” et outil de taille dans la lutte contre le changement climatique. Surtout pas ! Les Verts rejettent la dangereuse industrie nucléaire et nous devons poursuivre notre lutte et combattre les porteurs de cette campagne de manipulation. Nous devons nous battre sur les trois cotés du « triangle des risques énergétiques » : le nucléaire (explosions, déchets, prolifération militaire ou terroriste),
les énergies fossiles (effet de serre et pollutions locales), et les conflits pour l’usage des sols (« conflit FFFF »(9) : nourriture pour humains, pour bétail, agrocarburants, biodiversité).

La réponse à la crise énergétique est entre nos mains : il faut poursuivre les efforts de sobriété énergétique, utiliser et développer au maximum les transports en commun. Il faut améliorer les rendements techniques et poursuivre les recherche sur les sources d’énergies alternatives : bio-récupération, apport direct du soleil (pompes à chaleur, capteurs, éolien…), etc.

Notre camarade sénégalais vient de le dire : la démocratie est le fondement de l’écologie, l’amour de la planète et des êtres vivants qu’elle porte, dont les êtres humains, en est l’axe dirigeant. Cet axe passe aujourd’hui par la lutte contre la folie des agrocarburants.

Notes

1 Directive 2003/30/CE du 8 mai 2003 visant à promouvoir l’utilisation de biocarburants ou autres carburants renouvelables dans les transports Directive (JO L 123 du 17.5.2003).

2 Point 46 d’une résolution du Parlement européen sur une stratégie en faveur de la biomasse et des biocarburants (2006/2082(INI)).

3 Voir : 24 Août 2007, Journée d’été des Verts français à Quimper, “La querelle des agrocarburants”.

4 Rapport du Rapporteur spécial sur le droit à l’alimentation des Nations Unies conformément à la résolution 61/163 de l’Assemblée générale. 22 août 2007.

5 Le rapport consacre une partie entière aux agrocarburants!! Tout le chapitre III : L’impact des biocarburants sur le droit à l’alimentation (pp. 19-44). Extraits : La première a trait aux graves conséquences négatives que pourraient avoir les biocarburants (agrocarburants) sur le droit à l’alimentation. Le Rapporteur spécial s’inquiète vivement du fait que les biocarburants provoqueront la faim. Cet empressement à vouloir subitement et de façon irréfléchie transformer un aliment, tel que le maïs, le blé, le sucre et le vin de palme en carburant revient à courir à la catastrophe. Il risque fort bien d’entraîner une concurrence entre aliments et carburant qui laissera les pauvres et les victimes de la faim des pays en développement à la merci des prix des aliments, de la terre et de l’eau qui augmentent rapidement. L’utilisation des méthodes du secteur agro-industriel pour transformer les aliments en carburants aura pour effet le chômage et la violation du droit à l’alimentation, à moins que des mesures spécifiques ne soient prises pour que les biocarburants contribuent au développement de l’agriculture paysanne et familiale à petite échelle. Au lieu des cultures vivrières, il faudrait utiliser, pour produire des carburants, des cultures non vivrières et des déchets agricoles, ce qui rendrait moins âpre la lutte pour l’accès aux aliments, à la terre et à l’eau.

6. Résolution du Parlement européen du 29 novembre 2007 sur le commerce et le changement climatique (2007/2003(INI) : point 43. “demande que tout accord sur l’achat de biocarburants soit subordonné à des clauses de respect de la surface dévolue à la biodiversité et à l’alimentation humaine”.

7 “Suspend 10 percent biofuels target, says EEA’s scientific advisory body. The European Environment Agency Scientific Committee has made public an opinion on the environmental impacts of biofuel use in Europe. The Scientific Committee recommends a new, comprehensive scientific study on the environmental risks and benefits of biofuels, and that the EU target to increase the share of biofuels used in transport to 10 % by 2020 should therefore be suspended.”

8 Le centre de valorisation organique a été mis en ¦uvre par Eric Quiquet, Vice président de la Communauté Urbaine de Lille, Chargé des transports urbains et Vert !

9 Food, Feed, Fuel, Forests.