UNITED NATIONS FRAMEWORK CONVENTION ON CLIMATE CHANGE

Dialogue on long-term cooperative action to address climate change by enhancing implementation of the Convention

Fourth workshop - Vienna, 27–31 August 2007

Dialogue working paper 8 (2007)

http://medias.lemonde.fr/mmpub/edt/doc/20070827/947753_rapport_unfccc.pdf

A Vienne, 158 pays ont tenté de s’accorder sur l’après-Kyoto

LE MONDE | 31.08.07 | 11h29 • Mis à jour le 31.08.07 | 11h29

Vienne, correspondance

Les Etats-Unis souhaitent “accélérer” le processus de lutte contre le réchauffement climatique mené par les Nations unies, a indiqué, jeudi 30 août, Harlan Watson, chef de la délégation américaine à la réunion des parties à la Convention des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), qui doit s’achever vendredi 31 à Vienne.

“Les Etats-Unis veulent coopérer avec les principales économies” et espèrent parvenir à un accord entre elles “d’ici à 2009″, a expliqué le diplomate américain, de passage à Paris.

et espèrent parvenir à un accord entre elles , a expliqué le diplomate américain, de passage à Paris.George W. Bush a convié les seize principaux pays pollueurs de la planète à une réunion qui se tiendra les 27 et 28 septembre, à Washington. Un débat sur le réchauffement climatique doit auparavant avoir lieu dans le cadre des Nations unies, à New York, le 24 septembre.

La réunion qui s’est tenue à Vienne, du 27 au 31 août, avait pour but de préparer un premier round de négociations sur les suites à donner au protocole de Kyoto (qui arrivera à son terme en 2012), prévu, du 3 au 14 décembre, à Bali (Indonésie).

Avant que les gouvernements ne s’approprient la lutte contre le changement climatique, elle donnait à la communauté scientifique, aux organisations internationales et non gouvernementales l’occasion de s’exprimer.

Le point d’orgue de ce forum a été la présentation d’un rapport de la CCNUCC sur les investissements nécessaires pour maintenir, d’ici à 2030, les émissions de gaz à effet de serre à leur niveau actuel.

MOBILISER 150 MILLIARDS D’EUROS

Environ 150 milliards d’euros devraient être mobilisés pour y parvenir, soit entre 0,3 et 0,5 % du produit intérieur brut mondial. Le rapport préconise d’allouer 47 % des investissements mondiaux aux pays en voie de développement et d’accorder une priorité aux énergies “à zéro effet de serre”, c’est-à-dire les énergies renouvelables, l’hydraulique et le nucléaire.

En conclusion, la CCNUCC recommande l’extension des mécanismes mis en place par le protocole de Kyoto. En ratifiant ce dernier, trente-cinq pays industriels se sont engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 5 % entre 2005 et 2012.

Pour les participants à la conférence de Vienne, il est clair que le protocole de Kyoto doit avoir un successeur. Et non moins clair qu’un nouvel accord devra, cette fois, associer les Etats-Unis et l’Australie, générateurs, à eux deux, d’un tiers des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

A défaut d’établir les règles du jeu pour l’après-2012, la conférence de Vienne a permis aux représentants de 158 pays de confronter leurs positions respectives. Sur la rigueur ou la flexibilité du système à instaurer, les opinions divergent.

La France et l’Union européenne, attachées aux acquis de Kyoto, proposent de réduire de 50 % les émissions mondiales de carbone d’ici à 2050, et de fixer pour les pays industriels, Etats-Unis inclus, des objectifs de réduction de 75 %.

Mais les pays industrialisés restent partagés sur la question des objectifs et des moyens. Les Américains ont réaffirmé leur soutien à un accord global dans le cadre des Nations unies, tout en précisant qu’ils ne croyaient pas le marché international prêt pour une bourse mondiale du carbone et que les propositions européennes leur paraissaient très ambitieuses.

Le protocole de Kyoto prévoit que les entreprises qui dépassent les seuils d’émissions fixés peuvent racheter des quotas sur des marchés du carbone.

Parmi les débats soulevés à Vienne, figurent la question de la contribution de pays comme la Chine, le Brésil ou le Mexique, dont le développement économique rapide va de pair avec une augmentation des émissions, et celle des transferts technologiques. Les pays les moins avancés ont souligné la nécessité de développer le volet “adaptation” prévu par le protocole de Kyoto.

Trente-neuf pays – industrialisés pour la plupart – produisent 80 % des émissions mondiales de carbone. Mais ce sont les pays du Sud qui risquent d’en payer en premier chef les conséquences : sécheresses, inondations, disparition de terres arables et habitables, pénurie d’eau potable, déplacements de population et recrudescence de certaines maladies.

Laurence Monnot

Climate-proofing economic growth

Latest round of UN talks that start in Vienna today will focus on business end of global-warming battle

August 27, 2007 William J. Kole
Associated Press

VIENNA–It’s the business end of climate change: ensuring that the $20 trillion (U.S.) the world will spend on energy over the next two decades is as environmentally friendly as possible.

This week’s latest round of talks on global warming, which get underway in Vienna today, will focus on giving governments and private investors tips and incentives to keep a lid on greenhouse gas emissions.

“We need to climate-proof economic growth,” Yvo de Boer, the UN’s top climate official, told reporters yesterday.

More than 1,000 delegates are gathering in the Austrian capital for discussions on advising politicians, corporations, bankers and institutions, such as the International Monetary Fund, on how to make the most of energy investments.

A new report by the UN Framework Convention on Climate Change says additional investments of about $210 billion a year will be needed – mostly in the developing world – to maintain greenhouse gas emissions at current levels until 2030.

“If the funding available … remains at its current level and continues to rely mainly on voluntary contributions, it will not be sufficient,” the report warns.

Among the hurdles detailed in the report: The world will remain heavily dependent on fossil fuels, meaning it must find new and affordable ways to burn coal and oil more cleanly and recapture carbon dioxide emissions.

“The war against climate change is not a war against oil. It’s a war against emissions,” de Boer said.

Experts say developing countries will need billions more each year to adapt to changes in their climates.

An example is the southern African country of Lesotho. The impoverished country relies heavily on agriculture, yet is being hit with twice as many droughts as in the 1980s, Lesotho Environment Minister Monyane Moleleki said.

Complicating matters: Since 2000, January and February have become progressively warmer.

Moleleki appealed to industrialized states for technology and resources to help his country adapt and overcome what he called “a very dangerous situation.”

“Climate change has been spooky to say the least,” he said.

Maria Magdalena Brito-Neves, environment minister of Cape Verde, a chain of islands off western Africa’s coast, said climate change has produced chronic drought and threatened delicate ecosystems.

“We are very vulnerable,” she said.

The Vienna meeting, which runs through Friday, is part of a flurry of talks leading to a global climate summit in Bali, Indonesia, in December. De Boer said participants would “take the temperature” of global climate-control negotiations. The UN is leading the push to discuss a successor to the 1997 Kyoto Protocol, which expires in 2012 and requires 35 industrial countries to cut global-warming emissions 5 per cent below 1990 levels.

Canada signed the accord under its former Liberal government.

The Conservatives haven’t formally repudiated the pact but have put forward alternatives, arguing its goals cannot be met without disastrous economic consequences.

The European Union has set a new goal of reducing greenhouse gases by 20 per cent by 2020 and another 10 per cent if other countries join in.

“It’s critical to have all the partners on board,” including the U.S., which has not ratified Kyoto, said Josef Proell, Austria’s environment minister. “We need more than Sunday sermons. We need clear measures.”

A Vienne, les experts du changement climatique préparent l’après-Kyoto

LEMONDE.FR avec AFP | 27.08.07 | 11h00 • Mis à jour le 27.08.07 | 11h22

Un millier de représentants des gouvernements, de l’industrie et de la communauté scientifique ainsi que des mouvements écologistes se réunissent à partir du lundi 27 août pendant cinq jours, à Vienne, pour tenter de définir les moyens d’accélérer la lutte contre le changement climatique au-delà de 2012.

“Cette réunion nous donnera une indication sur la véritable volonté du pouvoir politique d’aller au-delà des platitudes bien intentionnées”, a souligné le président de la Conférence des Nations unies sur le changement climatique (UNFCCC), Yvo de Boer., a souligné le président de la Conférence des Nations unies sur le changement climatique (UNFCCC), Yvo de Boer.Lors de cette rencontre, le responsable onusien va présenter un nouveau rapport sur les flux financiers internationaux, “car les investissements traditionnels ont besoin d’être réorientés vers des alternatives plus protectrices de l’environnement”. Récemment, Yvo de Boer a chiffré les investissements supplémentaires nécessaires d’ici à 2030 pour maintenir les émissions de gaz à effet de serre à leur niveau actuel à quelque 200 à 210 milliards de dollars, soit entre 147 et 155 milliards d’euros.

UNE ÉTAPE DE L’APRÈS-KYOTO

, a souligné le président de la Conférence des Nations unies sur le changement climatique (UNFCCC), Yvo de Boer.Lors de cette rencontre, le responsable onusien va présenter un nouveau rapport sur les flux financiers internationaux, Récemment, Yvo de Boer a chiffré les investissements supplémentaires nécessaires d’ici à 2030 pour maintenir les émissions de gaz à effet de serre à leur niveau actuel à quelque 200 à 210 milliards de dollars, soit entre 147 et 155 milliards d’euros.La réunion de Vienne s’inscrit dans une série de consultations engagées, débutées depuis quelques mois. L’UNFCCC a déjà publié trois rapports scientifiques, qui mettent notamment en évidence la responsabilité humaine des changements climatiques.

A l’issue des pourparlers, les participants espèrent préparer au mieux la réunion onusienne sur le climat, à New York fin septembre. Vienne est également la dernière étape diplomatique avant le sommet de Bali en Indonésie, à partir du 3 décembre, où commenceront deux ans de négociations au terme desquelles devra être fixé un nouveau protocole, plus large et plus ambitieux, destiné à remplacer Kyoto, dont les objectifs ne vont pas au-delà de 2012.

Lilly Lectureship Series on the Human-Animal Bond

Wednesday, September 26, 10h30-12h00 am

Alumni Room, Purdue University, West Lafayette
A gift from Eli Lilly and Company to the Center for the Human-Animal Bond at Purdue University provides an annual speaker at the Fall Conference to broaden the veterinary profession’s understanding of the human-pet bond. The inaugural speaker is a world-renowned author and anthropologist, Elizabeth Marshall Thomas. Listen to her insights into the relationship of people to animals. This lecture is open to the public.

Beyond Batteries: Storing Power in a Sheet of Paper

Nanoengineered Battery

Troy, N.Y. – Researchers at Rensselaer Polytechnic Institute have developed a new energy storage device that easily could be mistaken for a simple sheet of black paper.

The nanoengineered battery is lightweight, ultra thin, completely flexible, and geared toward meeting the trickiest design and energy requirements of tomorrow’s gadgets, implantable medical equipment, and transportation vehicles.

Along with its ability to function in temperatures up to 300 degrees Fahrenheit and down to 100 below zero, the device is completely integrated and can be printed like paper. The device is also unique in that it can function as both a high-energy battery and a high-power supercapacitor, which are generally separate components in most electrical systems. Another key feature is the capability to use human blood or sweat to help power the battery.

Details of the project are outlined in the paper “Flexible Energy Storage Devices Based on Nanocomposite Paper” published Aug. 13 in the Proceedings of the National Academy of Sciences.

The semblance to paper is no accident: more than 90 percent of the device is made up of cellulose, the same plant cells used in newsprint, loose leaf, lunch bags, and nearly every other type of paper.

Rensselaer researchers infused this paper with aligned carbon nanotubes, which give the device its black color. The nanotubes act as electrodes and allow the storage devices to conduct electricity. The device, engineered to function as both a lithium-ion battery and a supercapacitor, can provide the long, steady power output comparable to a conventional battery, as well as a supercapacitor’s quick burst of high energy.

The device can be rolled, twisted, folded, or cut into any number of shapes with no loss of mechanical integrity or efficiency. The paper batteries can also be stacked, like a ream of printer paper, to boost the total power output.

“It’s essentially a regular piece of paper, but it’s made in a very intelligent way,” said paper co-author Robert Linhardt, the Ann and John H. Broadbent Senior Constellation Professor of Biocatalysis and Metabolic Engineering at Rensselaer.

“We’re not putting pieces together – it’s a single, integrated device,” he said. “The components are molecularly attached to each other: the carbon nanotube print is embedded in the paper, and the electrolyte is soaked into the paper. The end result is a device that looks, feels, and weighs the same as paper.”

The creation of this unique nanocomposite paper drew from a diverse pool of disciplines, requiring expertise in materials science, energy storage, and chemistry. Along with Linhardt, authors of the paper include Pulickel M. Ajayan, professor of materials science and engineering, and Omkaram Nalamasu, professor of chemistry with a joint appointment in materials science and engineering. Senior research specialist Victor Pushparaj, along with postdoctoral research associates Shaijumon M. Manikoth, Ashavani Kumar, and Saravanababu Murugesan, were co-authors and lead researchers of the project. Other co-authors include research associate Lijie Ci and Rensselaer Nanotechnology Center Laboratory Manager Robert Vajtai.

The researchers used ionic liquid, essentially a liquid salt, as the battery’s electrolyte. It’s important to note that ionic liquid contains no water, which means there’s nothing in the batteries to freeze or evaporate. “This lack of water allows the paper energy storage devices to withstand extreme temperatures,” Kumar said.

Along with use in small handheld electronics, the paper batteries’ light weight could make them ideal for use in automobiles, aircraft, and even boats. The paper also could be molded into different shapes, such as a car door, which would enable important new engineering innovations.

“Plus, because of the high paper content and lack of toxic chemicals, it’s environmentally safe,” Shaijumon said.

Paper is also extremely biocompatible and these new hybrid battery/supercapcitors have potential as power supplies for devices implanted in the body. The team printed paper batteries without adding any electrolytes, and demonstrated that naturally occurring electrolytes in human sweat, blood, and urine can be used to activate the battery device.

“It’s a way to power a small device such as a pacemaker without introducing any harsh chemicals – such as the kind that are typically found in batteries – into the body,” Pushparaj said.

The materials required to create the paper batteries are inexpensive, Murugesan said, but the team has not yet developed a way to inexpensively mass produce the devices. The end goal is to print the paper using a roll-to-roll system similar to how newspapers are printed.

“When we get this technology down, we’ll basically have the ability to print batteries and print supercapacitors,” Ajayan said. “We see this as a technology that’s just right for the current energy market, as well as the electronics industry, which is always looking for smaller, lighter power sources. Our device could make its way into any number of different applications.”

The team of researchers has already filed a patent protecting the invention. They are now working on ways to boost the efficiency of the batteries and supercapacitors, and investigating different manufacturing techniques.

“Energy storage is an area that can be addressed by nanomanufacturing technologies and our truly inter-disciplinary collaborative activity that brings together advances and expertise in nanotechnology, room-temperature ionic liquids, and energy storage devices in a creative way to devise novel battery and supercapacitor devices,” Nalamasu said.

The paper energy storage device project was supported by the New York State Office of Science, Technology, and Academic Research (NYSTAR), as well as the National Science Foundation (NSF) through the Nanoscale Science and Engineering Center at Rensselaer.

About Rensselaer
Rensselaer Polytechnic Institute, founded in 1824, is the nation’s oldest technological university. The university offers bachelor’s, master’s, and doctoral degrees in engineering, the sciences, information technology, architecture, management, and the humanities and social sciences. Institute programs serve undergraduates, graduate students, and working professionals around the world. Rensselaer faculty are known for pre-eminence in research conducted in a wide range of fields, with particular emphasis in biotechnology, nanotechnology, information technology, and the media arts and technology. The Institute is well known for its success in the transfer of technology from the laboratory to the marketplace so that new discoveries and inventions benefit human life, protect the environment, and strengthen economic development.Rensselaer Polytechnic Institute, founded in 1824, is the nation’s oldest technological university. The university offers bachelor’s, master’s, and doctoral degrees in engineering, the sciences, information technology, architecture, management, and the humanities and social sciences. Institute programs serve undergraduates, graduate students, and working professionals around the world. Rensselaer faculty are known for pre-eminence in research conducted in a wide range of fields, with particular emphasis in biotechnology, nanotechnology, information technology, and the media arts and technology. The Institute is well known for its success in the transfer of technology from the laboratory to the marketplace so that new discoveries and inventions benefit human life, protect the environment, and strengthen economic development.

Une “nanopile” électrique épaisse comme du papier

Samuel Laurent (lefigaro.fr) avec AFP
Publié le 14 août 2007

Les chercheurs du Rensselaer Polytechnic Institute ont créé une pile électrique pliable, qui possède toutes les propriétés du papier.

Ceci n’est pas une feuille de papier ou de plastique noir, mais bien une pile électrique. Et la dernière trouvaille des chercheurs du Rensselaer Polytechnic Institute (RPI) américain. Grâce à la nanotechnologie, ils sont parvenus à produire une structure moléculaire très proche du papier, avec 90% de cellulose. Les 10% restant sont formés de nanotubes de carbone, qui agissent comme des électrodes, et peuvent conduire du courant.

Résultat : une batterie qui fonctionne comme une pile au lithium, et qui est aussi capable de stocker de l’électricité comme un super-condensateur. Avec d’autres avantages : comme une feuille de papier, on peut la plier, la rouler, et même la découper où la déchirer en morceaux. Chaque élément séparé conservera ses propriétés de stockage d’électricité. On peut également imprimer textes et dessins sur la pile.

Autre innovation : la pile, qui utilise comme électrolyte (milieu conducteur) une solution ionisée (salée), peut voir ses propriétés améliorées lorsqu’on y ajoute de la sueur ou du sang humains. Mieux : lorsqu’on empile plusieurs feuilles, les capacités de stockage de la pile augmentent. Elle peut fonctionner normalement par des températures allant de -37,8 degrés à 148,9 degrés. Et elle est enfin infiniment moins nocive pour l’environnement que les piles au lithium.

Les applications de cette innovation sont multiples, par exemple dans l’électronique, où l’on recherche toujours la miniaturisation, mais aussi dans le domaine médical. Reste à développer un processus de production industriel, ce à quoi s’emploie le RPI.

Clonage humain : l’affaire Hwang élucidée

LE MONDE | 03.08.07 | 12h57 • Mis à jour le 03.08.07 | 12h57

L’une des plus belles et des plus tristes affaires de fraude scientifique dans le monde de la biologie cellulaire vient, peut-être, de trouver son épilogue. Dans un article publié, jeudi 2 août, par la revue Cell Stem Cell, un groupe de chercheurs américains, canadiens et japonais présente des données établissant, selon eux, en quoi le Sud-Coréen Hwang Woo-suk a bien fraudé en affirmant être l’auteur du premier clonage humain. Ils montrent aussi que leur confrère avait réalisé, semble-t-il à son insu, une première scientifique.

Le 12 mars 2004, le professeur Hwang Woo-suk et son équipe de l’université de Séoul signaient, sur le site de la prestigieuse revue américaine Science, une publication affirmant qu’ils avaient, pour la première fois au monde, conçu des embryons humains à partir de la technique du clonage par transfert de noyau cellulaire. Ils ajoutaient avoir pu créer, à partir d’un embryon cloné, une lignée de cellules souches embryonnaires. Ce fut alors un coup de tonnerre dans le monde scientifique et l’assurance d’un prochain eldorado thérapeutique.

Quand il annonça, en mai 2005, toujours dans Science, avoir amplement progressé dans la production de lignées de cellules souches à partir d’embryons clonés, on alla jusqu’à voir en cet universitaire de formation vétérinaire un prochain prix Nobel de médecine et de physiologie. Le vent devait toutefois rapidement tourner.

Il y eut tout d’abord l’étonnante dénonciation de certains agissements contraires à l’éthique du professeur Hwang, formulée par Gerald Schatten (université de Pittsburgh), pourtant cosignataire de la publication de mai 2005. Il y eut ensuite une série d’enquêtes scientifiques et la rétractation des deux publications par Science.

On expliqua alors que le biologiste sud-coréen avait menti sur tout ou presque. Il n’aurait ni créé d’embryon humain par clonage ni, a fortiori, obtenu, à partir de ces derniers, de lignées de cellules souches embryonnaires.

La vérité est peut-être plus complexe. Selon les travaux menés par un groupe dirigé par les docteurs Kitai Kim et George Q. Daley (Harvard Stem Cell Institute, Boston), qui ont eu accès à la lignée cellulaire de l’équipe sud-coréenne, celle-ci aurait bel et bien obtenu in vitro des cellules souches embryonnaires humaines, mais pas par clonage. Ces cellules seraient issues de la parthénogenèse d’un ovocyte entier.

Ce phénomène, naturellement présent dans le règne végétal (ainsi que chez les nématodes, les reptiles, les insectes et certains poissons) permet d’obtenir un individu à partir d’un gamète femelle non fécondé. Chez les mammifères, on peut dans certaines conditions de stimulation des ovocytes, obtenir un début de développement parthénogénétique, mais les embryons ainsi créés ne sont pas viables. “Nous savons désormais que les cellules souches dérivées prétendument d’un embryon humain cloné par Hwang Woo-suk provenaient en fait d’un ovule de la femme qui l’avait donné”, précise le docteur Daley.

Les auteurs de ce travail rétrospectif expliquent avoir mis au point une technique leur permettant de disposer d’une signature génétique donnant l’origine exacte des lignées de cellules souches. Ils ont en outre réussi, chez la souris, à obtenir de telles cellules par parthénogenèse.

“Ce travail est extrêmement intéressant pour comprendre la genèse de la fraude de Hwang, explique le biologiste Marc Peschanski (Inserm, I-Stem). Il faut se souvenir qu’il avait réalisé sa première lignée en introduisant le noyau d’une cellule somatique dans un ovocyte énucléé provenant de la même femme. Ce protocole rendait difficile la distinction entre clonage et parthénogenèse. Si Hwang s’était arrêté là, on n’aurait pas parlé de fraude mais d’erreur, ce qui aurait été très différent. Après, tout a dérapé, et Hwang est devenu un fraudeur, ce qui reste clairement inexcusable.”

Jean-Yves Nau